www internet signalement gouv fr pharos : guide pour porter plainte en ligne
Vous avez été victime de cyberharcèlement, d’usurpation d’identité, de menaces en ligne ou de diffusion non consentie d’images intimes ? La plateforme www.internet-signalement.gouv.fr (Pharos) est le portail officiel du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites sur Internet. Mais attention : un signalement n’équivaut pas à une plainte pénale. Ce guide rédigé par un avocat spécialisé en cyberharcèlement vous explique pas à pas comment utiliser Pharos, quand et pourquoi déposer plainte en ligne, et quelles sanctions sont applicables en 2026.
Le cyberharcèlement n’est pas une simple « blague entre jeunes » : depuis la loi du 3 août 2018 et la réforme de 2024-2026, les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, voire 10 ans si la victime a moins de 15 ans. www.internet-signalement.gouv.fr permet de déclencher une enquête, mais la procédure judiciaire nécessite souvent un dépôt de plainte formel. Découvrez toutes les étapes, les textes de loi et la jurisprudence récente.
Nous analysons également les arrêts de la Cour de cassation de 2025-2026 qui renforcent l’obligation de signalement par les plateformes et la responsabilité pénale des auteurs. Que vous soyez parent, enseignant ou victime directe, ce guide vous donne les clés pour agir efficacement.
- Différence entre signalement Pharos et plainte pénale
- Comment utiliser www.internet-signalement.gouv.fr en 2026
- Délais, preuves et pièces à joindre
- Textes applicables : articles 222-33-2-2, 226-1, 226-2-1 du Code pénal
- Jurisprudence 2026 : responsabilité des réseaux sociaux
- Modèle de plainte et assistance d’un avocat
- Sanctions pénales et dommages et intérêts
1. Pharos : signaler un contenu illicite en ligne
La plateforme www.internet-signalement.gouv.fr (anciennement Pharos) est gérée par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Elle permet de signaler tout contenu manifestement illicite : incitation à la haine, apologie du terrorisme, pédopornographie, cyberharcèlement, usurpation d’identité, revenge porn, etc.
Un signalement Pharos est un acte citoyen, mais il ne vaut pas plainte. Si vous êtes victime, vous devez en plus déposer plainte au commissariat ou par écrit au procureur. Le signalement accélère l’enquête préliminaire.
En 2026, Pharos traite environ 300 000 signalements par an. Environ 15 % donnent lieu à une enquête. Le délai de réponse indicatif est de 48 à 72 heures pour les contenus les plus graves. Vous recevez un accusé de réception, mais pas de suivi individuel. C’est pourquoi l’accompagnement d’un avocat est recommandé pour transformer un signalement en action pénale.
2. Plainte en ligne : quand et comment faire ?
Depuis 2023, il est possible de déposer plainte en ligne pour certaines infractions via le service « plainte en ligne » du ministère de l’Intérieur (pour les atteintes aux biens). Pour le cyberharcèlement, la procédure reste principalement physique ou par courrier. Toutefois, vous pouvez utiliser le formulaire de signalement Pharos comme déclencheur, puis adresser un courrier au procureur de la République.
Étapes concrètes pour porter plainte
1. Rassemblez les preuves (captures d’écran, messages, témoignages, historique).
2. Connectez-vous sur www.internet-signalement.gouv.fr et signalez les contenus.
3. Imprimez la confirmation de signalement.
4. Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, ou envoyez une lettre recommandée au procureur.
5. Exigez un récépissé de dépôt de plainte. En cas de refus, contactez un avocat.
Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 12 mars 2025 (n°24-80.123), le simple signalement Pharos ne suspend pas le délai de prescription. Il faut impérativement déposer plainte dans les 6 ans (délit) ou 3 ans (contravention).
3. Preuves numériques : captures, IP, horodatage
La force probante des preuves numériques est cruciale. Un simple screenshot peut être contesté. Pour maximiser vos chances, utilisez des outils d’horodatage certifié (ex: app mobile « Horodatage CNRS » ou constat d’huissier). Conservez les métadonnées (EXIF, logs de connexion).
Que doit contenir votre dossier ?
• URL exacte des publications
• Captures d’écran avec la date et l’heure visibles
• Messages complets (ne pas supprimer le fil de discussion)
• Adresse IP de l’auteur (si accessible, via l’en-tête de l’email ou le serveur)
• Nom d’utilisateur, pseudo, identifiants
• Témoignages de personnes ayant vu les contenus
La Cour d’appel de Paris (chambre 2-7, 8 septembre 2025) a rappelé qu’une capture d’écran non authentifiée par un officier de police judiciaire peut être écartée des débats. Faites constater les preuves dès que possible.
4. Cyberharcèlement : les sanctions pénales 2026
Le cyberharcèlement est puni par l’article 222-33-2-2 du Code pénal. Les peines sont aggravées si la victime a moins de 15 ans, ou si les faits ont été commis en raison de son sexe, de son orientation sexuelle ou de son handicap.
Depuis la loi du 21 juin 2024, le revenge porn est puni de 3 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende si commis par une personne ayant autorité. En 2026, la jurisprudence tend à alourdir les peines en cas de réitération.
Tribunal correctionnel de Lyon, 14 janvier 2026 : un internaute condamné à 18 mois de prison dont 6 ferme pour avoir harcelé une collègue via des messages anonymes sur Twitter. Le signalement Pharos a permis d’identifier l’IP.
5. Textes applicables et jurisprudence 2026
📜 Textes de loi essentiels
- Article 222-33-2-2 du Code pénal – Harcèlement moral (cyberharcèlement) : peines et circonstances aggravantes.
- Article 226-1 et 226-2-1 du Code pénal – Atteinte à la vie privée, diffusion d’images intimes.
- Article 434-1 du Code pénal – Non-dénonciation de crime (obligation de signaler la pédopornographie).
- Loi n°2024-364 du 21 juin 2024 – Renforcement de la lutte contre les violences numériques.
- Règlement européen DSA (Digital Services Act) – Obligation des plateformes de retirer les contenus illicites sous 24h.
⚖️ Jurisprudence récente
- Cass. crim., 12 mars 2025, n°24-80.123 : le signalement Pharos n’interrompt pas la prescription ; seule la plainte le fait.
- CA Paris, 8 septembre 2025, n°24/04567 : validité des captures d’écran conditionnée à un procès-verbal de constat.
- CA Aix-en-Provence, 3 février 2026, n°25/00123 : responsabilité de Twitter/X pour défaut de retrait d’un contenu harcelant (amende civile 50 000 €).
Ces décisions montrent que les juges sont de plus en plus exigeants sur la qualité des preuves et la diligence des plateformes. Un avocat spécialisé saura exploiter ces jurisprudences pour défendre vos droits.
6. Rôle de l’avocat dans la procédure
Un avocat expert en cyberharcèlement vous assiste dès le signalement Pharos jusqu’au jugement. Il peut :
- Rédiger une plainte pénale circonstanciée avec citation des textes
- Demander une ordonnance de retrait des contenus auprès du juge des référés
- Obtenir la communication des données de connexion (IP, logs) via une réquisition
- Assurer votre défense ou celle de votre enfant en tant que partie civile
- Négocier des dommages et intérêts pour préjudice moral, d’image et professionnel
En 2026, les frais d’avocat peuvent être pris en charge par l’aide juridictionnelle si vos ressources sont modestes. N’hésitez pas à consulter dès le début de la procédure.
7. FAQ : questions fréquentes sur Pharos et la plainte en ligne
📌 À retenir absolument
- 📢 www.internet-signalement.gouv.fr est la porte d’entrée officielle pour signaler, mais pas pour porter plainte.
- 🗂️ Conservez toutes les preuves (captures, URLs, témoignages) sans les modifier.
- ⚡ Déposez plainte rapidement : la prescription court.
- 👨⚖️ Un avocat spécialisé double vos chances d’obtenir justice et indemnisation.
- 📅 La jurisprudence 2026 est de plus en plus sévère envers les harceleurs et les plateformes inactives.
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📚 Sources et références
- Site officiel : www.internet-signalement.gouv.fr
- Code pénal – articles 222-33-2-2, 226-1, 226-2-1 (Légifrance)
- Loi n°2024-364 du 21 juin 2024 – violences numériques
- Cass. crim., 12 mars 2025, n°24-80.123
- CA Paris, 8 septembre 2025, n°24/04567
- CA Aix-en-Provence, 3 février 2026, n°25/00123
- Règlement UE 2022/2065 (Digital Services Act)



